Rome – Juin 2016 : jour 5 (et dernier !)

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JOUR 5

Lors de ce dernier jour dans la ville éternelle, j’ai pris mon temps. Je me suis levée tard, j’ai petit-déjeuné en terrasse au soleil, puis je suis restée une éternité à flâner dans le havre de paix qu’est le cimetière acatholique (non catholique ou aussi appelé le « cimetière des étrangers ») de Rome. Je finissais ma journée en visitant l’emblème de la ville : le fameux Colosseo.

Commençons par ce cimetière dont je vais vous raconter l’histoire et surtout vous montrer mes plus belles photos (parce que j’en ai pris un paquet). Le Cimitero Accatolico se trouve juste derrière la Pyramide de Caïus Cestius.

La Piramide di Caio Cestio est un monument funéraire de l’Antiquité situé près de la porta San Paolo. Elle porte le nom de celui qui s’y est fait inhumer : Caïus Cestius. Au Moyen Âge, cette pyramide passait pour être le tombeau de Rémus, frère de Romulus, fondateur mythique de la cité de Rome. Elle fut construite en réalité entre 18 et 12 av. J.-C.. Au IIIe siècle, la pyramide de Cestius fut incluse dans le mur d’Aurélien dont vous apercevez une portion sur la droite de la photo ci-dessous.

Cemeterio Acatolico

Cemeterio Acatolico

Cemeterio Acatolico

Cimitero Acattolico

Petite aparté à propos de Romulus et Rémus élevés par une louve : j’ai lu l’autre jour sur twitter que « lupa » veut aussi dire prostituée. Ils auraient donc été élevés par une prostituée. Voilà c’est tout (et ça semble plus probable, non ?).

La naissance du cimetière est dû au bannissement au sein des sépultures chrétiennes des personnes suicidées ou non catholiques, lesquelles ont été progressivement déplacées « hors les murs  » de Rome, en ce lieu. Autorisé par les papes à la fin du XVIIe siècle, cet endroit fut d’abord réservé aux protestants et aux orthodoxes puis, en 1953, aux morts de toutes les confessions.

Désormais, c’est le cimetière des artistes et des poètes, et l’atmosphère y est romantique à souhait avec ses monuments pittoresques et ses stèles blanches noyées dans la verdure. Entre cyprès, myrtes, roses sauvages, lauriers et camélias, on peut, dans un silence apaisant, s’asseoir sur un banc au soleil pour lire, réfléchir ou étudier le plan du cimetière qui recense l’emplacement des tombes illustres.

On peut aussi décider d’aller nourrir les dizaines de chats qui, depuis 1850, ont élu domicile dans le cimetière.

Cemeterio Acatolico

Chats du cimitero

La plus ancienne sépulture connue est celle, datée de 1738, d’un étudiant de l’Université d’Oxford, nommé Langton mort à 25 ans. Depuis, près de quatre mille étrangers s’y sont fait enterrer. La plupart sont anglais, allemands, américains, russes, grecs ou persans. On compte peu de Français, mais quelques Italiens célèbres comme Antonio Gramsci (1891-1937), membre fondateur du Parti communiste italien.

On y retrouve aussi les sépultures, par exemple, d’un enfant de Goethe, Julius, ou du sculpteur américain William Wetmore Story (1819-1895) qui, avant de mourir, a créé une sculpture, l’Ange du chagrin (ou Ange de la Douleur) pour la tombe de sa femme. C’est sans doute la plus belle du cimetière.

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Les deux tombes les plus célèbres sont celles des poètes anglais John Keats (1795-1821) et Percy Bysshe Shelley (1792-1822).

Keats est mort à Rome de la tuberculose à l’âge de 25 ans. Sur sa tombe, où ne figure pas son nom, figure une épitaphe commissionnée par ses amis Joseph Seven et Charles Brown :

cette tombe contient tout ce qui a été mortel, d’un jeune poète anglais, qui, sur son lit de mort, dans l’amertume de son cœur et soumis à la puissance malveillante de ses ennemis, a désiré que ces mots soient gravés sur sa pierre tombale : « ici gît un dont le nom était écrit dans l’eau ».

Percy Shelley, qui ne savait pas nager, s’est noyé en 1822, alors qu’il naviguait sur son yacht au large de la Riviera italienne. Sur son corps échoué sur le rivage, dans sa poche a été découverte une copie de la poésie de Keats, comme s’il l’avait empochée à la hâte. Il fut incinéré sur la plage près de Viareggio par ses amis, le poète Lord Byron et l’aventurier anglais Edward John Trelawny, et ses cendres envoyées au consulat britannique à Rome, qui les a déposées dans le cimetière protestant quelques mois plus tard.

Cimitero Acattolico

Shelley' grave

En déambulant dans les allées, on découvre de nombreuses statues et les épitaphes des peintres, historiens, écrivains, diplomates, explorateurs et poètes qui ont choisi l’éternité dans ce lieu.

Aujourd’hui, le cimetière est géré par une association privée de quatorze ambassades et est financé grâce à la vente (de plus en plus rare) des concessions et des dons. L’entrée est gratuite, mais il est conseillé de laisser 3 euros (4 euros pour les visites guidées) dans une boîte prévue à cet effet.

Je vous laisse désormais avec les nombreuses photos que j’y ai prises, qui, je l’espère, vous donneront une idée de ce havre de paix parmi les disparus, loin de l’agitation de la ville.

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Cimitero Acattolico

Quittons les morts pour rejoindre les vivants, et l’agitation de la foule près du Colisée.

Colosseo

Partiellement détruit par des tremblements de terre et fréquemment désossé par des pilleurs, le plus grand amphithéâtre jamais construit dans l’empire romain n’est peut-être pas le monument le mieux conservé de la ville. Cependant, le Colosseo a encore fière allure et il constitue une superbe évocation de la Rome antique. 

L’amphithéâtre Flavien doit son existence à Vespasien qui fait entreprendre les travaux en 72 ap. J.-C.. Mais l’empereur, déjà âgé, meurt avant de voir l’oeuvre achevée. La construction de l’édifice prend fin quelques années plus tard, et c’est à Titus, le fils du défunt, que revient l’honneur de l’inaugurer en 80 apr. J.-C..

Colosseo

Au VIIIe siècle, l’édifice est baptisé le Colosseum en souvenir de l’imposante statue de Néron qui se dressait à proximité. Comme son nom le suggère, tout en lui évoque le gigantisme : une circonférence de 527 m, des travaux d’une ampleur exceptionnelle et jusqu’à 70,000 spectateurs pouvant être accueillis.

Les empereurs se devaient d’organiser des spectacles pour s’attirer les faveurs du peuple, pour asseoir leur prestige et pour célébrer le faste de leur règne. Toutes sortes de divertissements avaient lieu au Colosseo : combats de gladiateurs, qui étaient généralement des esclaves, des prisonniers de guerre ou des condamnés ; spectacles organisés par des dresseurs d’animaux sauvages, chasses aux fauves, batailles navales ou courses de chars.

Le bâtiment a finalement cessé d’être utilisé au cours du haut Moyen Âge. Il a plus tard été réutilisé pour des usages variés tels que des habitations, des ateliers d’artisans, le siège d’un ordre religieux, une forteresse, une carrière et un sanctuaire catholique chrétien.

Colosseo

Lors de ma visite, j’ai pris un audioguide en supplément, pour mieux comprendre à quoi correspondait chaque parcelle de pierres, chaque couloir, chaque entrée. Il est ainsi plus facile de visualiser à quoi cela ressemblait à l’époque antique et cela nous explique pas mal de choses, par exemple sur le fonctionnement de l’hypogée (le sous-sol) ou sur la hiérarchisation du placement des spectateurs : les plus pauvres, les esclaves et les femmes se retrouvaient tout en haut des gradins, sur les tribunes en bois, très raides, voire restaient debout.

Des quantités de machines de toutes sortes étaient entreposées dans l’hypogée. 28 ascenseurs, cabestans (des socles en pierre dans laquelle était attelée la pièce en bronze de ces treuils sont encore visibles au sol) et poulies hissaient et descendaient décors et accessoires, ainsi que les animaux en cage jusqu’à la surface de l’arène où ils étaient libérés. Il existe des preuves de l’existence de grands mécanismes hydrauliques permettant d’inonder rapidement l’arène, vraisemblablement par le biais d’une connexion à un aqueduc situé à proximité.

Colosseo

Colosseo

Colosseo

Aux côtés du Colisée, on aperçoit l’arc de Constantin, chevauchant l’ancienne route des triomphes, la Via Triumphalis, la route prise par les empereurs lorsqu’ils entrent dans la cité pour célébrer leur triomphe.

L’itinéraire de cette route commence au Champ de Mars, conduit au Cirque Maxime et fait le tour du Palatin. Immédiatement après avoir franchi l’Arc de Constantin, la procession triomphale tourne vers la gauche et suit la Via Sacra jusqu’au Forum Romain, puis au Capitole, en franchissant à la fois l’Arc de Titus et l’Arc de Septime Sévère.

Arc de Constantin

Arc de Constantin

Arc de Constantin

Arc de Constantin

Est-ce que le mime Marceau a gravé son nom dans les pierres du Colisée ? Je m’interroge 🤔

Colosseo

La fin de journée étant là, je reprenais la route pour trouver un bon restaurant et finir mon séjour en beauté. Celui que j’avais repéré étant plein à craquer, je jetais mon dévolu sur un restaurant voisin, le George Byron Cafe, et ma foi, ce fût bien agréable. En terrasse avec un verre de Chianti, l’accordéoniste me jouant un air, vue du coucher de soleil sur la Basilique Sainte-Marie-Majeure, je me régalais de la douceur de vivre à la romaine.

George Byron Café

George Byron Cafe

George Byron Cafe

Pour la petite anecdote personnelle, je goûte des alla carbonara lors de tous mes voyages, dans tous les pays que je visite. Évidemment les vraies et les meilleures furent ici !

George Byron Cafe

Cavour

Basilica Papale di Santa Maria Maggiore

Basilica Papale di Santa Maria Maggiore

C’est ainsi que s’achève mon court séjour dans la ville éternelle. Tombée sous son charme intemporelle, je me promets d’y retourner vite ! Mais avant, je veux voir la Toscane et le nord de l’Italie (Florence, Pise, Venise, Burano, le lac de Côme, Milan…) ! Et un autre jour, j’espère visiter les Pouilles et ses fameux villages à flan de falaise.

J’espère que mes billets vous ont plus, un peu longs parfois je le sais, mais comme j’aime l’Histoire, la photo, et qu’il y a plein de choses à raconter… Et comme je l’ai déjà dit, c’est surtout un moyen pour moi de me souvenir…

Je vais travailler tout le mois de décembre, mais je pense revenir en janvier 2018 pour vous raconter mes quelques jours en Islande : une capitale colorée et des paysages magiques.

À bientôt❣️

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